EVANS PEUT-IL LE FAIRE ?
Dauphin d'Alberto Contador, Cadel Evans jouera très gros samedi lors du contre-la-montre entre Cognac et Angoulême. Pointé à une minute et cinquantes secondes de l'Espagnol, l'Australien de Predictor Lotto sait qu'il devra tout donner s'il veut s'emparer du maillot jaune.
"Des tricheurs m'ont battu par le passé et je m'attends à l'être encore dans le futur. Mais je ne m'en inquiète pas". Cadel Evans ne se fait pas d'illusion sur la réalité de son sport. On ne lui fait plus, à lui, l'Australien âgé aujourd'hui de 30 ans. Professionnel chez les cyclistes sur route depuis 2001, après sept ans passés sur un VTT, Evans a laissé de côté la naïveté pour les autres. Même si lui-même est conscient que certains se posent des questions à son sujet. Réputé pour ses facilités en montagne, Evans reste néanmoins un rouleur très correct. Lors de son passage chez T-Mobile, il s'était même essayé à travailler en soufflerie pour progresser dans ce domaine.
Pour s'emparer du maillot jaune d'Alberto Contador samedi, à l'issue du contre-la-montre reliant Cognac à Angoulême, l'Australien devra reprendre 1 minute et 50 secondes au Madrilène. Pas une mince affaire. Après les différentes affaires qui ont touché de près ou de loin le dopage (Vinokourov, Moreni et Rasmussen), c'est bien la principale et dernière interrogation qui reste de cette 94e édition de la Grande Boucle. Pour Johan Bruyneel, le manager de la Discovery Channel, son coureur est capable de résister au retour de son dauphin : "En principe, l'avance dont dispose Alberto devrait suffire. J'ai confiance".
Contador : Simplement lutter
Evans est-il capable de faire son retard sur l'Espagnol ? Les 55,5 kilomètres de la troisième épreuve chronométrée après le prologue de Londres et le contre-la-montre d'Albi seront son seul juge de paix. En Angleterre, pour le lancement du Tour de France, Evans avait pris la 17e place, à 36 secondes du Suisse Fabian Cancellara. Alberto Contador avait fait légèrement mieux en devançant l'Australien... d'une seconde.
L'ancien protégé du très controversé Manolo Saiz chez Liberty Seguros (de 2003 à 2006) reste lucide : "Je vais essayer de résister à Cadel Evans car il est très bon en contre-la-montre. C'est la dernière semaine, il faudra simplement lutter". Deuxième du chrono d'Albi (54 km), à 1'04" du sanguin Alexandre Vinokourov, Evans a prouvé qu'il était meilleur sur les distances plus longues. Alberto Contador, excellent 7e dans le Tarn, avait terminé à 1'04" d'Evans.
Sur une distance similaire, mais sur un profil moins accidenté, l'Espagnol devrait limiter les dégâts selon son directeur sportif : "Sur un chrono plat comme celui-là, il doit pouvoir s'exprimer. C'est un bon rouleur. A Londres, sur huit kilomètres tout plat, il avait pris une seconde à Evans. Evans n'aura pas droit à l'erreur. Il a plus de pression que Contador. Pour prendre le maillot jaune, il faudrait qu'Evans soit vraiment dans un super jour et que dans le même temps, tout aille mal pour Alberto." Quant à Contador, il a conscience d'être à quelques heures de quelque chose de très grand : "Samedi est la journée la plus difficile de ma carrière de sportif. Ce contre-la-montre peut tout changer, et ma vie peut changer".